Les défaillances Quoi qu'en disent ses contempteurs, lorsque Joffre stigmatise le 21 à 19h " des défaillances individuelles ou collectives. " il a raison mais... Des défaillances avérées Il est difficile de faire émerger la vérité entre les hagiographes passés, présents ou à venir des officiers intouchables et les supporters des corps forcément glorieux. Des faits avérés indéniables sont établis sur la période 19-24 août. Au 15e Corps, comme dans tous les autres, il y a eu des défections. Mais il existe d'autres défaillances passées sous silence. L'ineptie stratégique. L'offensive à outrance avec une attaque sur un terrain archi-connu et préparé depuis 44 ans était une ineptie sortie des cerveaux du Haut Commandement et du Conseil Supérieur de la Guerre où nous retrouvons tous les protagonistes de la bataille de Lorraine : Joffre, Castelnau et Foch... Les erreurs tactiques. La description de la topographie très exagérée (hauteurs, dénivellation, distance) des écrits d'après-guerre faussent la réalité du terrain et masquent l'incongruité de la tactique adoptée. L'exiguïté des lieux comme Lagarde, sa position dans une vallée, les champs dénudés entourant les objectifs sont des exemples d'aberrations. Les cantonnements abusifs : chaque soir après avoir occupé une position, on rentre au bercail, en arrière, comme aux manoeuvres, la journée finie ! Les liaisons douteuses : dans la forêt de Bride le 40e RI aurait été en liaison avec le 69e RI, a-t-elle eu lieu oui ou non ? Castelnau demande le lendemain de lier le 20e CA au 15e CA, alors que les Allemands sont passés ! Le fait de s'observer à la jumelle était-ce suffisant ? Le traitement des renseignements. Les avertissements de la population : ils ont été négligés. On peut penser que certains doutaient de leur authenticité, et que d'autres les méprisaient par suffisance. L'évaluation des forces en présence. Elle était fausse. Les divisions de réserve et des renforts avaient été amenés de la garnison de Metz-Thionville. La cavalerie défectueuse (Lagarde, Bidestroff). A maintes reprises, elle est mal utilisée et surtout plus grave, ses renseignements sont erronés. Quant à l'artillerie, elle a été soit absente, soit inopérante. Les bavures. La confusion règne dans les combats, due à un défaut de communication. C'est d'abord l'Artillerie qui bombarde notre l'Infanterie. En sont victimes Le 40e à Lagarde, le 10 août : le commandant Bertrand fait crier ses soldats en direction des 75 qui le bombardent. Or la batterie de Calliès se trouve à 4km ! Le 111e à Moncourt, le 14 août. Le 61e à Mulcey, le 20 août. Puis ce sont les fantassins entre eux qui se tirent dessus : Les 40e /58e à Lagarde, le 10 août. Ils se fusillent alors qu'ils se trouvent à 500m, peut-être moins, les uns des autres. Le 61e à Marimont, le 16 août. Le 112e à Marimont, le 16 août. Et le fameux épisode 173e/55e dans la forêt de Bride le 20 août. Des paniques De la part des soldats : Oui il y eut des paniques et des débandades, les soldats eux-mêmes le disent. Une troupe qui bat en retraite est toujours plus ou moins démoralisée. Les retraites en bon ordre ne se voient que dans les récits d'officiers racontant leur vécu après guerre comme Carbillet. Les slogans vengeurs et l'ardeur patriotique ne résistent pas longtemps à l'expérience d'un bombardement en première ligne ou à la vision des premières " gueules cassées ". De la part de Castelnau : dépassé dès le début. Lescot lance une attaque contre Lagarde alors qu'il fallait éviter les engagements inutiles ! Le 18 août, le 16e CA est en perdition. Malgré les avertissements et les renseignements recueillis, le 15e CA est engagé sans restriction. Le 20 août, c'est Foch qui désobéit en attaquant précocement. Castelnau apparaît très vite résigné. De la part de Foch : sa désobéissance. Pour certains, elle reste à démontrer. Il leur suffit de se reporter à la chronologie des différents ordres. La puérilité de sa défense en fait foi. Son fanatisme offensif démontre un mépris et une impatience d'un fougueux novice. Une visite contemporaine du terrain permet de relativiser les écrits des hagiographes passés, présents ou à venir des officiers intouchables, des apologistes des corps forcément glorieux voire des acteurs eux-mêmes. Qui peut imaginer 5000 soldats (5 bataillons 40e RI à l'est, 58e RI à l'ouest, 131e RI au Nord, 138e RI au Sud-Est, 2e Chasseur au Nord-Est) plus la brigade de Uhlans dans un espace de 600m de long sur 100m de large ? Si oui, on peut alors conjecturer la férocité du contact et la violence du combat ! Mais qu'allaient-ils faire dans un village bordant un canal et une rivière, donc dans une vallée ? Le coup de main sur Martincourt valait-il ce coup de folie, plus de 1000 tués français et allemands ? Tout ça pour une étoile ! Et l'attaque officielle de Moncourt et surtout du bois du Haut de la Croix ? Leurs accès dénudés et progressifs, avait-on besoin de jeter sur ces bastions, une division si " peu patriotique " forte de 12 000 biffins. L'artillerie n'était-elle pas mieux appropriée ? Enfin pourquoi engager le 15e corps dans une impasse, d'un côté la forêt de Bride, de l'autre l'étang de Lindre et au fond les hauteurs Bourgaltroff, Bassing et Domnon, fauteuil d'orchestre pour l'artillerie allemande ! Et l'avancée dans cette plaine de Dieuze, à gauche de la route Dieuze-Vergaville pour la 30e DI et à droite pour la 29e. Les Allemands n'avaient pas besoin de la jalonner, il leur suffisait de se hausser sur la pointe des pieds à Domnon ou Bassing pour voir le mouvement de nos troupes ! Seules les meules de paille, s'il en restait, leur faisaient un abri. Le 58e RI avait-il besoin de déboucher de la forêt de Bride-Koeking ? Celle-ci aurait fait un observatoire magnifique sur Morhange et Guébling. Quant à Bidestroff, qui a eu cette idée saugrenue de le prendre ? C'est là que la plus grande partie de la 29e DI cherche à s'abriter. Les pauvres hères s'engouffrent là, se blottissent derrière les haies, contre les murs, dans les granges. Dans cet espace restreint, une telle concentration de troupes dans un village repéré en font des cibles parfaites ! Leur faiblesse (celles des soldats du 15e CA) fut-elle impardonnable, n'en était pas moins compréhensible. Ils avaient lâché pied alors qu'ils avaient donné tête baissée. L'aimable Provence n'aurait dû rien dire. C'est vrai qu'à la guerre, c'est arrivé à tous... de faire la déshonorante une du Matin !
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1914: LE XVème CORPS DIFFAME: EXPLICATIONS
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